Famille · 23/09/2026

PEUPLE, RACONTÉE A TRAVERS SES ENFANTS

PEUPLE, RACONTÉE A TRAVERS SES ENFANTS
PEUPLE, RACONTÉE A TRAVERS SES ENFANTS

Dans cette chefferie des Bahema-Banywagi, la vie ne s'écrit pas seulement dans les livres.
Elle s'écrit aussi dans les champs.
Elle se raconte dans les familles.
Elle se transmet par les anciens.
Elle se poursuit sur les chemins qui relient les villages.
Mutumbi comprend notamment des localités comme Mbeva, Butso, Sesele, Ngorozi, Singo, Batoma, Lina, Kakwa et Kagba.
Et dans cette communauté, une nouvelle génération grandit.
Parmi ces enfants se trouve Kahigwa.

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Le matin à Mutumbi
Le soleil venait à peine de se lever lorsque Kahigwa entendit la voix de son père. — Kahigwa, lève-toi. C'était Alponse. Comme beaucoup de parents qui vivent du travail de la terre, Alponse connaissait la valeur d'une journée de travail. Il ne voulait pas seulement que son fils travaille. Il voulait que son fils apprenne. Kahigwa se leva. Avant de penser à son téléphone ou à l'école, il accompagna son père au champ. Sur le chemin, ils croisèrent d'autres personnes qui se rendaient à leurs activités. La vie de Mutumbi commençait.
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La terre qui fait vivre les familles
Arrivé au champ, Kahigwa regarda son père travailler. Alponse lui expliqua : — Cette terre nous donne une partie de ce dont nous avons besoin pour vivre. Kahigwa prit l'outil que son père lui tendait. Il commença à travailler. Après un moment, il demanda : — Papa, pourquoi dois-je faire tout cela alors que je veux réussir à l'école ? Alponse répondit : — Parce que l'école et le travail ne sont pas forcément ennemis. Il ajouta : — Tu dois étudier pour préparer ton avenir. Mais tu dois aussi comprendre les efforts qui permettent aujourd'hui à ta famille de vivre et de soutenir tes études. Cette réalité correspond à une économie rurale où l'agriculture occupe une place importante dans le territoire de Djugu. Des travaux consacrés aux populations de la région décrivent notamment l'importance des activités agricoles et pastorales.
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Nabintu et le sacrifice silencieux des parents
À la maison, Nabintu préparait les affaires de Kahigwa. Elle vérifia ses cahiers. Elle regarda son uniforme. Puis elle demanda : — Tu as bien étudié hier ? — Oui, maman. Nabintu sourit. Elle savait pourtant que l'éducation demandait des sacrifices. Pour une famille rurale, envoyer un enfant à l'école signifie parfois trouver de l'argent pour plusieurs besoins : fournitures, uniforme, transport et autres dépenses. Kahigwa commença à comprendre quelque chose : quand un enfant entre dans une salle de classe, il n'entre pas toujours seul. Derrière lui, il y a souvent les efforts de ses parents.
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Kahigwa et Amani : deux enfants face au téléphone
À l'école, Kahigwa retrouva Amani. Amani avait un téléphone entre les mains. — Regarde ça ! Il montra une vidéo. Les deux garçons rirent. Puis Amani dit : — Un jour, je serai célèbre sur Internet. Kahigwa répondit : — Moi aussi. Ils rêvaient. Mais ils ne savaient pas encore exactement comment transformer leurs rêves en réalité. Le téléphone leur montrait le monde entier. Mais personne ne leur avait encore appris à se demander : « Que pouvons-nous apporter au monde ? »
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Ivette pose une question difficile
En classe, Ivette, leur professeur, entra. Elle regarda ses élèves. Puis elle écrivit au tableau : « Que voulez-vous laisser derrière vous ? » Les élèves se regardèrent. Ivette expliqua : — Vous pouvez devenir médecins, enseignants, agriculteurs, commerçants, ingénieurs, informaticiens ou entrepreneurs. Puis elle ajouta : — Mais votre réussite ne doit pas seulement être mesurée par ce que vous possédez. Demandez-vous aussi ce que vous pourrez apporter aux autres. Kahigwa resta silencieux. Pour la première fois, il ne pensa pas seulement à son propre avenir. Il pensa à Mutumbi.
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Neema veut continuer à apprendre
Dans la même classe se trouvait Neema. Elle était déterminée à poursuivre ses études. Elle savait que son parcours ne serait pas toujours facile. Mais elle refusait de considérer les difficultés comme une raison d'abandonner. Kahigwa lui demanda : — Pourquoi travailles-tu autant ? Neema répondit : — Parce que je ne sais pas jusqu'où je pourrai aller. Mais je sais que si je ne travaille pas aujourd'hui, je réduis moi-même mes possibilités de demain. Kahigwa réfléchit longtemps à cette phrase.
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Baraka connaît la valeur du travail
Dans un autre coin de Mutumbi, Baraka aidait sa famille dans les activités agricoles. Il connaissait la fatigue. Il connaissait les longues journées. Mais il connaissait aussi la valeur du travail. Lorsqu'il retrouvait ses cahiers, il étudiait. Kahigwa lui demanda : — Comment arrives-tu à faire les deux ? Baraka répondit : — Je travaille parce que ma famille a besoin de moi. J'étudie parce que mon avenir a besoin de moi. Cette phrase resta dans la tête de Kahigwa.
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Bahati, la mémoire de Mutumbi
Un soir, Kahigwa alla voir son grand-père Bahati. Bahati avait vécu suffisamment longtemps pour voir Mutumbi changer. Il connaissait les histoires racontées dans les familles. Il connaissait les anciennes habitudes. Il savait que les villages changent avec le temps. Kahigwa lui demanda : — Grand-père, pourquoi les choses changent-elles ? Bahati répondit : — Parce que les générations changent. — Alors devons-nous abandonner les anciennes traditions ? Bahati secoua la tête. — Non. Puis il ajouta : — Mais vous ne devez pas non plus refuser tout changement. Kahigwa écoutait attentivement. Bahati continua : — Une communauté doit avancer sans perdre complètement sa mémoire.
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De Sesele à Ngorozi
Un jour, Kahigwa voyagea avec son père dans la zone de Sesele. Il observa les activités des habitants. Il vit les champs. Il vit les maisons. Il vit les chemins. Il comprit que Mutumbi n'était pas seulement un nom. C'était une communauté composée de plusieurs villages et de familles ayant leurs propres histoires. Plus tard, il entendit parler de Ngorozi, Singo, Mbeva, Butso, Batoma, Lina, Kakwa et Kagba. Il comprit alors que connaître Mutumbi, ce n'était pas seulement connaître le centre. C'était connaître les personnes et les lieux qui composent cette communauté. Les documents administratifs consultés recensent précisément ces villages dans le groupement Mutumbi.
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Les années difficiles
Mais l'histoire de Mutumbi ne peut pas être racontée uniquement avec des moments heureux. La région de Djugu a connu des périodes de violence et de déplacements de populations. Des activités qui faisaient vivre les communautés, notamment l'agriculture, l'élevage et la pêche dans certaines zones de Bahema-Banywagi, ont été perturbées par l'insécurité. Des documents humanitaires ont également enregistré des populations déplacées sur des sites comme Mutumbi-Sesele et Mutumbi-Singo. Pour Kahigwa, ces réalités étaient difficiles à comprendre. Mais Bahati lui expliqua : — Un peuple peut traverser des périodes difficiles sans perdre complètement son identité.
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Kahigwa comprend enfin
Un soir, Kahigwa s'assit seul. Il regarda son téléphone. Il regarda ensuite ses cahiers. Puis il pensa à son père dans les champs. Il pensa à Nabintu. Il pensa à Bahati. Il pensa à Ivette. Il pensa à Amani. À Neema. À Baraka. Et il comprit. Son téléphone pouvait lui montrer le monde. Son école pouvait lui donner des connaissances. Le travail de sa famille pouvait lui apprendre la responsabilité. Ses traditions pouvaient lui rappeler son identité. Et son village pouvait lui donner une histoire à raconter.
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Kahigwa fait une promesse
Le lendemain, Kahigwa retrouva Amani. — Amani. — Oui ? — Je veux qu'on utilise mieux nos téléphones. — Pour faire quoi ? Kahigwa répondit : — Pour apprendre. Puis il ajouta : — Et pour raconter Mutumbi. Amani sourit. Pour la première fois, leur téléphone ne représentait plus seulement un moyen de regarder la vie des autres. Il pouvait devenir un outil pour raconter leur propre histoire.
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Le rêve des enfants de Mutumbi
Kahigwa, Neema, Baraka et Amani commencèrent à imaginer leur avenir. Neema voulait continuer ses études. Baraka voulait développer ses connaissances agricoles. Amani voulait apprendre davantage sur le numérique. Kahigwa voulait comprendre l'histoire de sa communauté et utiliser les nouvelles technologies pour la raconter. Ils avaient des rêves différents. Mais une chose les réunissait : Ils voulaient que leur génération fasse quelque chose de positif avec les possibilités qu'elle avait reçues.
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La vraie richesse de Mutumbi
Un jour, Kahigwa retourna voir Bahati. — Grand-père, qu'est-ce qui est le plus important à Mutumbi ? Bahati réfléchit. Puis il répondit : — Ce ne sont pas seulement les terres. — Ce ne sont pas seulement les maisons. — Ce ne sont pas seulement les récoltes. — Ce ne sont pas seulement les téléphones. Il regarda son petit-fils. — La véritable richesse d'une communauté, ce sont les personnes qui connaissent son histoire et qui veulent construire son avenir. Kahigwa sourit.
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L'histoire continue
Kahigwa n'était encore qu'un enfant. Il ne savait pas ce que l'avenir lui réservait. Il ne savait pas s'il deviendrait ingénieur, enseignant, entrepreneur, agriculteur moderne, informaticien ou autre chose. Mais il avait appris quelque chose d'essentiel. Il pouvait rêver grand. Il pouvait partir étudier ailleurs. Il pouvait découvrir le monde. Il pouvait utiliser Internet. Il pouvait vivre dans une grande ville. Mais il ne devait jamais avoir honte de dire : « Je viens de Mutumbi. » Car son identité ne devait pas être une limite à son avenir. Elle pouvait devenir une force.
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MESSAGE AUX ENFANTS DE MUTUMBI
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À toi qui grandis aujourd'hui à Mutumbi Centre, Sesele, Ngorozi, Singo, Mbeva, Butso, Batoma, Lina, Kakwa, Kagba ou dans une autre localité de la communauté : Étudie. Travaille. Respecte tes parents. Écoute les anciens. Apprends ton histoire. Protège ce qui mérite de l'être. Utilise ton téléphone pour apprendre et créer, pas seulement pour regarder la vie des autres. Et surtout : Ne crois jamais que parce que tu es né dans un village, tes rêves doivent être petits. Mutumbi a une histoire. Mais son histoire ne doit pas s'arrêter avec les générations précédentes. L'histoire de Mutumbi que nous raconterons demain dépend aussi des enfants qui grandissent aujourd'hui. Kahigwa ferme son cahier. Il regarde le chemin. Et il avance. L'histoire de Mutumbi continue...